Q1 : Salut je m’appelle Vadim,  je suis un musicien de base, et on a inventé ce concept de club virtuel il y a un an avec le Script Club et maintenant on essaye de monter notre application qui s'appellera Clubs et qui englobera autant de clubs autour de la planète possible. J’ai créé ça car je me suis rendu compte que c’était possible de le faire avec Unity ‘logiciel de jeux vidéos), c’était bien plus facile d’accès, j’ai donc développé un jeu vidéo pour mon label que j’ai ensuite fait tourner sur internet. Au départ je voulais créer un club virtuel où il y avait tous les artistes de mon label qui jouaient comme ça.

Q2 : C’était un mélange de personnel car j’aime les jeux vidéos et la musique depuis toujours. Et ça me servait aussi de carte de visite pour mon label. Il y a avait déjà des clubs jeux vidéos comme GTA ou Fortnite mais c’était de la musique très mainstream, donc je trouvais ça cool d’avoir un club jeu vidéo en 3d de mon label. Il y a avait seulement une ou deux personnes dans le monde entier qui avait fait ça. Et ça me servait aussi de promotion pour ma musique même si je savais que finalement j’aurais pas pu en faire grand chose (pas de budget de communication), c’était avant tout un projet personnel. Ça fait de la pub pour tous les artistes de mon label.

Q3 : Au début il n’était accessible que par moi et mes collègues. Ensuite j’ai développé une version web disponible pour tout le monde sur le site selon mon label. Tout le monde ayant un ordinateur pouvait visiter le club. Au début il y a eu 2,000 visites en un an, mais les gens étaient obligés d’y accéder avec un ordinateur ce qui freinait les gens quand même. Mais un an plus tard, j’ai fait une autre version, cette fois-ci disponible pour tous les appareils connectés. Le fait que ce soit disponible sur téléphone a tout changé. En 8 mois il y a eu 265,000 visites. Quand on a fait jouer un dj connu, son taux de conversion dans ses stories instagram c’était de l’ordre de 20%. Quand t’es là sur ton téléphone et que tu te dis que ton dj préféré joue et que t’as juste à cliquer pour le voir jouer et être dans un club où tu parles à des gens alors que t’es dans un bus ou sur le canapé, c’est beaucoup plus facile. Maintenant on va essayer d’aller tout au bout de l’idée et de créer une application où il y ait plus de gens sur les maps, qu’on puisse aller dans d'autres pièces… Cette dernière version nous a permis de lever des fonds, de montrer ce travail et d’intéresser des gens. il y a pleins d'artistes qui nous ont contacté pour pouvoir jouer dans notre club virtuel.

Q4 : La délocalisation de la fête permet de rendre accessible la fête. Si tu fais une fête de musique “pointue” ça réduit vachement l’attending, même dans une ville comme Paris, sur un petit club de 400 personnes, même si ça intéresse 10,000 personnes, entre les gens qui ont pas le temps, qui ont prévu autre chose… il ne reste plus grand monde. Alors que si cette fête se passe en réel et permet en plus à n’importe qui d’y accéder, on peut vite se retrouver avec une salle remplie. Le gros avantage c’est que “everyone is invited”.

Il y a aussi d’autres trucs comme il y a plein de gens qui ont peur d’aller en boîte de nuit. Les boîtes de nuit ne sont ouvertes que du jeudi au samedi, la nuit. Le fait qu’un club soit en ligne 24h/24 ça coûte beaucoup moins cher. Donc ça c’est les avantages du public.

Pour les avantages des promoteurs c’est que imagine on est en train de faire une app où tu peux organiser une fête virtuelle où pour 10 euros t’as toute les options (customisation de ta pièce, soundsystem), tu n’as plus qu’à payer le line up, et nous on vend autant de billets que tu veux, c'est illimité. Ta fête elle te coûte 10 euros, tu peux rester chez toi, faire une fête entre amis, faite une fête uniquement virtuelle. J’avais tout l’espoir de pouvoir faire se reproduire mes artistes de mon label qui dans une boite normale aurait générés 100 places payées maximum. Si jamais je fais une fête réelle plus virtuelle il y a peut être 1500 personnes qui vont venir. On a  fait 265,000 visites quand même. Il ne s’agit surtout pas de substituer les vraies soirées ou de les remplacer car nous on dépend complètement des vraies soirées. Ce sera vraiment une extension du dancefloor et aussi la possibilité de faire des soirées qui n’auraient pas pu se faire autrement en réel car la localisation rend le truc plus cher, pas assez rentable.

Q5 : Le chat c'est le nerf de la guerre. On n'avait pas de chat one to one, donc on a remarqué qu’il y avait beaucoup de gens qui n’osaient pas parler sur le chat ouvert car tout le monde peut voir les messages. Il y en a qui demandent les noms des chansons à chaque morceau, il y en a qui demandent rien et qui finalement à la fin vont envoyer un message pour avoir la playlist alors que le mec était là pendant toute la soirée il aurait pu demander directement. Donc il y a quand même une certaine timidité mais on espère qu'avec l'intégration d’un chat one to one en plus d’un chat ouvert, les gens vont un peu plus parler. Mais on a eu quand même 160,000 messages, soit 10 messages par utilisateur unique en moyenne donc c’est quand même pas mal. Mais je pense que c’est lié au fait qu’on avait une musique hyper précise, pas de mainstream avec du David Guetta ou quoi. Sur le chat, les gens parlent parce que finalement  tout le monde vient dans un but similaire, on a fait des artistes super pointus donc tout le monde est déjà plus ou moins potes. Le chat c’est vraiment le nerf de la guerre, c’est comme ça qu’ils vont se rencontrer. Ça nous a été vraiment utile car la moitié de mon équipe qui a été engagée dans TSC, je les ai rencontrés dans TSC.

Q6 : Il y a zéro insultes sur plus de 150,000 messages. Il y a juste deux mecs qui ont fait allusion à de la drogue car j’avais mis un fond psychédélique mais c'est tout. Et on a  tout monitoré, il n'y avait rien.

Q7 : Sur 250 requests on a eu 4 personnes qui n’étaient pas du tout intéressées par le digital. Mais même des dj qui sont loin des réseaux sociaux, sans instagram ont fait des lives sur notre plateforme. Les gens ont compris que c’était une manière de faire passer leur musique à travers une frontière, de communiquer sur un nouveau support. Que tu sois contre ou pas les jeux vidéos, finalement ce n’est pas la question.

Q8 : Positive Education le festival nous a contacté pour faire comme une carte de visite entre leurs deux festivals, pour faire parler de leur festival. On s’est mis d’accord pour diffuser des sets en archives qui ont été diffusés sur notre plateforme par des artistes émergents. C’était une façon pour Positive Education d’exister entre deux festivals, de faire de la promo, c’était complètement gratuit, de faire parler de leurs petits djs pour l’année prochaine. Ce qui est top pour les festivals c’est qu’ils peuvent vraiment exister. un festival peut faire un festival réel et d’autres virtuels avec d’autres djs plus underground et de les mettre en valeur car ça coûte bien moins cher. L’idée c’est que ça devienne un soutien aux festivals réels. Que 24h/24 tu puisses te connecter à Positive Education et qui viennent supporter le vrai festival. Que ça permette à l'underground de survivre s’il est déjà encore vivant aujourd'hui.

Q9 : Oui il y a un algorithme. En gros dans ton feed, tu auras un onglet communauté avec tous tes amis avec qui tu peux parler et tu auras un onglet feed avec des suggestions qui sont susceptibles de te plaire avec des soirées ongoing, des nouvelles soirées qui vont arriver etc…

Q10 : On a ouvert aux mineurs pour leur montrer une culture du club différente. Qu’ils ne fassent pas n’importe quoi car ils sont déjà aller en clubs virtuellement. Ça permet aussi de leur ouvrir à une musique que tu n’aurais pas pu écouter autrement que si tu étais majeur dans un club.

Q11 : Il a des djs qui ne veulent pas être sur TSC, mais eut être qu’ils vont changer d’envie, mais il n’y a aucun professionnel qui nous a dit que ça ne les intéressait pas. On leur offre une plateforme gratuite pour eux, et on se paie sur l'argent qu’ils se feront avec nous. Ça ouvre les portes de ton club du Lundi au jeudi quand il ferme.